I'm happy to announce this minor task finally completed: my bookmarks are now fully migrated to my Delicious account. More precisely, they have been imported to Delicious in late 2006 and what I really just completed is the initial tagging and cleaning. That never been high on my priority list, but it's a good thing done.
Here's the previous blog post on my bookmarks and my page explaining the whole thing.
Saturday, March 29, 2008
Tuesday, March 11, 2008
Keeping Found Things Found
I just started reading William Jones' Keeping Found Things Found. I admit buying this book solely on Peter Morville's recommendation. I'm confident this will be an interesting read. Quote for the first chapter:
Related, I've been pleased with Kimiz Dalkir's Knowledge Management I read last year, another book I feel comfortable to recommend, though I understand the topic is a little (but just a little) less universal than personal information management.
"Where is the Life we have lost in living? Where is the wisdom we have lost in knowledge? Where is the knowledge we have lost in information? -- T.S. Elliot (1888-1965)"
Related, I've been pleased with Kimiz Dalkir's Knowledge Management I read last year, another book I feel comfortable to recommend, though I understand the topic is a little (but just a little) less universal than personal information management.
Sunday, February 03, 2008
Coal Ash Is More Radioactive than Nuclear Waste
This might not be intuitive, but coal ash is more radioactive than nuclear waste. See this recent account by Scientific American. Two exerts:
"Among the surprising conclusions: the waste produced by coal plants is actually more radioactive than that generated by their nuclear counterparts. In fact, fly ash—a by-product from burning coal for power—contains up to 100 times more radiation than nuclear waste."
But don't panic just yet:
"The question boils down to the accumulating impacts of daily incremental pollution from burning coal or the small risk but catastrophic consequences of even one nuclear meltdown. "I suspect we'll hear more about this rivalry," Finkelman says. "More coal will be mined in the future. And those ignorant of the issues, or those who have a vested interest in other forms of energy, may be tempted to raise these issues again.""
"Among the surprising conclusions: the waste produced by coal plants is actually more radioactive than that generated by their nuclear counterparts. In fact, fly ash—a by-product from burning coal for power—contains up to 100 times more radiation than nuclear waste."
But don't panic just yet:
"The question boils down to the accumulating impacts of daily incremental pollution from burning coal or the small risk but catastrophic consequences of even one nuclear meltdown. "I suspect we'll hear more about this rivalry," Finkelman says. "More coal will be mined in the future. And those ignorant of the issues, or those who have a vested interest in other forms of energy, may be tempted to raise these issues again.""
Les marques maison des supermarchés
Voici un extrait d'un courriel. Le débat était à savoir s'il est préférable, d'un point de vue global, d'acheter des marques de commerce ou des marques maisons d'épicerie.
"Il s'agit d'une enquête réalisée par l'émission de Radio-Canada nommée "L'épicerie". Vous trouverez le texte complet sur :
http://www.radio-canada.ca/actualite/lepicerie/docArchives/2003/02/07/enquete.html
Ce que je conclus en gros de ma lecture des résultats de l'enquête, c'est que les marques d'épicerie, comme "Choix du président", "Sélection mérite", etc., sont non-seulement plus écologiques mais en plus rapporte plus d'argent au producteur, qui est souvent le même que celle d'une marque commerciale. Cela semble confirmer les grandes lignes de ce que je croyais.
Un court extrait :
"La marque maison bénéficie d'un bon avantage sur le plan monétaire, nous dit M. Dufour : « Il faut le dire : dans une marque maison, vous venez d'enlever une proportion quand même importante de coûts qui se situe, selon la catégorie, entre 15 % et 40 % de coûts associés au programme marketing, à l'emballage ou autre ». Ce bénéfice se traduit par une marge de profit en moyenne deux fois plus élevée sur la vente de produits maison que sur la vente de marques nationales."
Puisqu'il y a notamment moins de ressources allouées au marketing, le produit est moins dispendieux et plus d'argent peut aller au producteur (lire l'article à ce sujet, notamment "Mais quel est l'avantage pour une compagnie de fournir ses propres compétiteurs ? « Dans bien des cas, c'est de combler une chaîne de production,répond M. Caron. Ils produisent plus. Ils veulent aller chercher un volume additionnel. »").
Bref. Évidemment, le premier choix serait toujours de favoriser le local, à travers par exemple l'agriculture soutenue par le communauté, aller à la petite boulangerie du quartier, la petite fruiterie, choisir des produits du Québec, etc. Par contre, entre un produit "Delmonte" ou "Nestlé" par exemple, je n'hésiterai pas du tout à favoriser la marque maison d'une grosse chaîne !"
Update 080204, extrait d'un courriel qui a suivi:
"Je crois que c'est faux de croire qu'on "perd un choix" entre les grandes marques et les marques d'épicerie. Je crois que les grandes marques (e.g. Nestlé, Kraft, Delmonte, etc) ont des politiques [et conditions] envers les producteurs avec qui ils font affaire qui sont probablement pires que les politiques des marques d'épicerie.
Cependant, je suis tout à fait d'accord pour dire qu'on réduit les choix lorsqu'on a le choix entre une petite marque (ou le producteur local) et une marque d'épicerie. Dans le cas où les petites marques sont présentes (et si en plus elles sont locales), alors nous avons avantage à la préférer et laisser de côté la marque d'épicerie !
En d'autres mots, ça dépend à quoi on compare !
"pire" <----------------------------------> "mieux"
Grande marque <--> marque d'épicerie <--> petite marque ou producteur local"
"Il s'agit d'une enquête réalisée par l'émission de Radio-Canada nommée "L'épicerie". Vous trouverez le texte complet sur :
http://www.radio-canada.ca/actualite/lepicerie/docArchives/2003/02/07/enquete.html
Ce que je conclus en gros de ma lecture des résultats de l'enquête, c'est que les marques d'épicerie, comme "Choix du président", "Sélection mérite", etc., sont non-seulement plus écologiques mais en plus rapporte plus d'argent au producteur, qui est souvent le même que celle d'une marque commerciale. Cela semble confirmer les grandes lignes de ce que je croyais.
Un court extrait :
"La marque maison bénéficie d'un bon avantage sur le plan monétaire, nous dit M. Dufour : « Il faut le dire : dans une marque maison, vous venez d'enlever une proportion quand même importante de coûts qui se situe, selon la catégorie, entre 15 % et 40 % de coûts associés au programme marketing, à l'emballage ou autre ». Ce bénéfice se traduit par une marge de profit en moyenne deux fois plus élevée sur la vente de produits maison que sur la vente de marques nationales."
Puisqu'il y a notamment moins de ressources allouées au marketing, le produit est moins dispendieux et plus d'argent peut aller au producteur (lire l'article à ce sujet, notamment "Mais quel est l'avantage pour une compagnie de fournir ses propres compétiteurs ? « Dans bien des cas, c'est de combler une chaîne de production,répond M. Caron. Ils produisent plus. Ils veulent aller chercher un volume additionnel. »").
Bref. Évidemment, le premier choix serait toujours de favoriser le local, à travers par exemple l'agriculture soutenue par le communauté, aller à la petite boulangerie du quartier, la petite fruiterie, choisir des produits du Québec, etc. Par contre, entre un produit "Delmonte" ou "Nestlé" par exemple, je n'hésiterai pas du tout à favoriser la marque maison d'une grosse chaîne !"
Update 080204, extrait d'un courriel qui a suivi:
"Je crois que c'est faux de croire qu'on "perd un choix" entre les grandes marques et les marques d'épicerie. Je crois que les grandes marques (e.g. Nestlé, Kraft, Delmonte, etc) ont des politiques [et conditions] envers les producteurs avec qui ils font affaire qui sont probablement pires que les politiques des marques d'épicerie.
Cependant, je suis tout à fait d'accord pour dire qu'on réduit les choix lorsqu'on a le choix entre une petite marque (ou le producteur local) et une marque d'épicerie. Dans le cas où les petites marques sont présentes (et si en plus elles sont locales), alors nous avons avantage à la préférer et laisser de côté la marque d'épicerie !
En d'autres mots, ça dépend à quoi on compare !
"pire" <----------------------------------> "mieux"
Grande marque <--> marque d'épicerie <--> petite marque ou producteur local"
Saturday, January 26, 2008
ReacTable: the holy grail of electronic music creation user interface
One of the numerous projects I'd like to spend more time on is music (ah... so many things I want to do ;-). A friend just showed me the reacTable (Wikipedia entry) and I'm enthusiastic about it. I've seen (and even played with some) electronic music gadgets, but this one is a step closer to the holy grail of electronic music creation user interface. Videos worth millions of words...
Here's the second demo video and here's an improvisation with the tool, but it still feels like this beast has much more potential that what it is shown on these videos, such as integrating these concepts with the ones of a AirFX. We *do* live in interesting times... (if only we could more wisely use our brains and technology to improve our civilization as a whole)
Here's the second demo video and here's an improvisation with the tool, but it still feels like this beast has much more potential that what it is shown on these videos, such as integrating these concepts with the ones of a AirFX. We *do* live in interesting times... (if only we could more wisely use our brains and technology to improve our civilization as a whole)
Monday, November 19, 2007
CIPO '96 - Le montage
Après un blitz de montage sur moins de deux semaines, c'est avec plaisir que voilà le montage que j'ai fait avec les images que nous avions filmé en Équateur en 1996. On y retrouve des images des projets de 1993 et 1995 en plus du nôtre en 1996. J'y suis retourné en 1999 mais sans caméra vidéo. Je dois de remercier le CIPO Bénin 2007 qui ont numérisé les 6,5 heures que nous avions filmé à l'époque. C'est quoi le CIPO ? C'est l'organisation de coopération internationale de l'École Polytechnique de Montréal.
Wednesday, October 03, 2007
Histoire de morceaux dans le désordre
* Lundi 10 septembre - ils vécurent heureux et eurent plusieurs enfants
Caroline et moi sommes en pleurs en s'étreignant. C'est l'émotion des derniers jours qui ressort. Je retourne à la maison avec 4 côtés cassées, une clavicule mal fracturée, l'omoplate en morceaux et la rate lacérée. Tout devrait bien aller. Sont envisagées les injections d'anticoagulant deux fois par jour pour les prochaines semaines. Parmi les pensées; la saison de squash et les cours de chant viennent de prendre le bord pour un ti-boutte. Et moi qui devait être à San Diego sur le bord de la plage cette semaine...
* Dimanche 9 septembre - les rayons de soleil multicolores
L'avantage de ne pouvoir "faire ses nuits", c'est de voir le soleil se lever. Et j'ai la meilleure place de ma chambre à trois pour profiter de celui-ci. Ça commence avec des belles couleurs bleues et rosées à l'horizon. Puis c'est le jaune chaleureux qui projette des motifs à travers les stores verticaux. Merveilleux. Ça dure assez longtemps pour pouvoir déguster ces belles couleurs. Ô comment notre rythme effarant fait qu'on prend rarement le temps de jouir des levés de soleil.
C'est aussi le changement de chiffre pour les infirmières privées de mes deux co-chambreurs. L'expérience m'a fait constater ces éléments : les infirmières privées sont utiles parce qu'elles assurent une présence physique et morale pour les patients, permettant réellement de mieux les servir. Cependant, il semble qu'elles ne soient pas également compétentes et qu'elles sont les proies des mensonges des patients. En effet, mes deux co-chambreurs ont carrément menti à leurs infirmières privées, celles-ci, changeant à tous les 8 heures, n'étant pas au courant des limites établies par les infirmières de l'hôpital et des médecins. Ces mensonges sont même allés à mettre leur propre santé en danger. Je suis donc perplexe, ne sachant pas si les bénéfices des infirmières privées surpassent les inconvénients potentiels.
Sans vouloir généraliser, voilà quelques mots sur mon co-chambreur le plus en forme. Le tout a commencé avec une intéressante discussion entre lui et un de ses visiteurs. Ils discutaient de la vie, du détachement, de l'univers et du temps. Des sujets que j'aime quoi. Aussi zen et allumé que cet homme pouvait paraître avec son visiteur, qui s'est révélé par la suite être un de ses adeptes, il était sans détour condescendant et méprisant envers les autres. Par exemple, en demandant aux infirmières de se taire parce qu'elles polluent son cerveau avec leurs discussions superficielles. Mentir et même se faire prendre à recracher les pilules qui lui sont destinées. Double-standard pour haut placé d'une secte (ou religion ?) bien connue dont je tairai le nom.
* Samedi 8 septembre - Attention la morphine Mme Tracy
J'ai été transféré durant la nuit de l'hôpital de Valleyfield à l'Hôpital Général de Montréal, spécialisé en traumatologie, car mon cas était plus complexe qu'anticipé. J'imagine que c'est à cause des possibilités d'hémorragie interne liées à la rate lacérée. Mon entrée à l'urgence de traumatologie est marquante. On m'a rapidement mis dans un coin de la salle. J'étais pas un cas qui méritait beaucoup d'attention. Tant mieux d'ailleurs ! Les autres patients qui entrent en traumatologie alors que j'y suis n'ont clairement pas été aussi chanceux que moi dans leur malchance. Un de ceux-ci s'était fait frappé par un taxi alors qu'il était en vélo. Comme si un train lui avait passé dessus. Pas des belles choses à voir.
Depuis l'accident, je suis sur la morphine. Sur demande, et j'en demande que si vraiment la douleur est un peu trop forte. Les médecins sont clairs : plus facile de guérir lorsqu'on ne souffre pas. Une fois transféré dans une salle pour les soins intensifs, l'infirmière Tracy me prépare une dose généreuse de morphine. Si généreuse que y'a pu de problème du tout avec la douleur. J'en suis même rapidement convaincu que la dose est définitivement plus élevée que la douleur le requiert. Profitons du moment présent, tout en demandant quand même à Tracy de réduire la dose la prochaine fois !
Après plusieurs balades en radiographies et en scans durant une nuit éveillé, Caroline est revenue me rejoindre le matin. Transfert en fin d'après-midi dans une chambre avec belle vue sur le sud de l'Île. Et puis voilà les premiers aliments et première gorgée d'eau tard en soirée, après 28 heures, croyez-moi que ça fait du bien !
* Vendredi 7 septembre - les accidents, ça n'arrive qu'aux autres
Tout s'est passé si vite. À peine le temps de réaliser que j'étais en train de sortir de la route que badang, je me retrouve à genoux dans l'champ en train de chercher mon souffre. Ce sont ceux qui me suivaient en voiture qui m'ont appris que j'avais fait quelques tonneaux avec ma moto, je ne me rappelle pas de ceux-ci. Faut le faire quand même, après quatre années de moto, se planter sur une ligne droite et à basse vitesse. J'imagine que je ne saurai jamais la/les causes derrière mon vol plané. Sans doute un peu d'inattention, des bonnes rafales de vent (ils annonçaient des rafales de 50-70km/h) et sans doute aussi le fait que je revenais d'une sortie de karting avec des collègues, de quoi moduler mes réflexes de conduite ! Ultimement, les raisons sont sans grande importance. J'ai juste été très chanceux que ce soit le gazon qui m'ait accueillit. C'est si facile de se faire drôlement plus mal dans un accident de moto que quelques côtes cassées, une clavicule mal fracturée, une omoplate en morceaux et une rate lacérée, que je ne vais pas me plaindre ! Rien à la colonne vertébrale, au cou, aux mains, au visage.
Je me dois d'écrire quelques mots sur les ambulanciers. C'est incroyable ce que ces personnes acceptent de faire comme travail. J'étais un cas assez facile, mais ramasser les accidentés en douleur et devoir gérer le biologique et l'émotif de toutes les personnes présentes sur les sites d'accidents, c'est tout une job ! Des conditions plus difficiles que bien des médecins, mais leur travail est loin d'être aussi bien reconnu. J'en profite également pour lancer un grand merci à mon collègue Serge, de loin un des homme les plus intègre dans sa bonté que je connaisse (et plus intègre que moi, sans équivoque :-).
Pour les curieux, avec Caroline enceinte et ma faible utilisation de la moto (faut avouer que j'ai toujours eu une approche pragmatique face à celle-ci, elle me transporte, ce n'est pas une passion pour moi), nous avions décidé de la mettre en vente. J'avais même un acquéreur intéressé. Mais ça a l'air que j'ai choisi de finir ma relation avec ma moto de manière mémorable... ;-)
===
J'aurais eu davantage d'anecdotes à raconter, mais n'ayant pas pris de notes et voulant terminer ce texte déjà long, vous en êtes graciés ! ;-)
Le plus gros choc après l'accident est survenu deux semaines après, au moment de commencer la physiothérapie. Je n'avais pas réalisé que malgré l'absence de douleurs aiguës, je n'étais plus capable de bouger mon bras gauche du tout. Assez étrange et inquiétant ! Pas à cause du bras lui-même, mais plutôt parce que tout ce qui doit le retenir est mal en point. Avec la physiothérapie, la réhabilitation progresse rapidement. Mon bras bouge presque normalement, mais c'est sans doute qu'aux environs de Noël que j'aurai retrouvé une bonne partie de la mobilité et de la force d'avant l'accident.
Pendant ces semaines à la maison, j'aurai compris l'intérêt des pointillés sur le rouleaux de papier de toilette, l'impossibilité de s'attacher les cheveux avec une seule main, ou même des choses plus simples comme se laver ou attacher ses lacets. J'ai également découvert que d'être forcé de dormir que sur le dos n'est pas nécessairement si agréable non plus ! Heureusement, je suis très bien entouré de ma famille et amis, et bien sûr, de mon adorable Caroline.
Retour au travail la semaine prochaine, donc ça aura pris un mois de repos. Repos, il faut le dire vite, car je n'ai pas l'impression d'avoir chaumé. Non seulement les activités ordinaires demandent davantage de temps pour être accomplies, mais s'ajoutent la grande quantité de paperasse à remplir, les achats à faire pour les bris, la moto à faire réparer, la physiothérapie à tous les jours et les visites à l'hôpital. Retour au travail, mais reste tout de même plusieurs semaines de physiothérapie pour récupérer la mobilité et la force de mon bras gauche. Ça va débouler rapidement avec le bébé qui s'en vient pour la fin décembre !
Je suis très positif. Évidemment, je me serais bien passé de cet accident, mais j'ai été très chanceux ! Mes meilleures salutations à tous !
Caroline et moi sommes en pleurs en s'étreignant. C'est l'émotion des derniers jours qui ressort. Je retourne à la maison avec 4 côtés cassées, une clavicule mal fracturée, l'omoplate en morceaux et la rate lacérée. Tout devrait bien aller. Sont envisagées les injections d'anticoagulant deux fois par jour pour les prochaines semaines. Parmi les pensées; la saison de squash et les cours de chant viennent de prendre le bord pour un ti-boutte. Et moi qui devait être à San Diego sur le bord de la plage cette semaine...
* Dimanche 9 septembre - les rayons de soleil multicolores
L'avantage de ne pouvoir "faire ses nuits", c'est de voir le soleil se lever. Et j'ai la meilleure place de ma chambre à trois pour profiter de celui-ci. Ça commence avec des belles couleurs bleues et rosées à l'horizon. Puis c'est le jaune chaleureux qui projette des motifs à travers les stores verticaux. Merveilleux. Ça dure assez longtemps pour pouvoir déguster ces belles couleurs. Ô comment notre rythme effarant fait qu'on prend rarement le temps de jouir des levés de soleil.
C'est aussi le changement de chiffre pour les infirmières privées de mes deux co-chambreurs. L'expérience m'a fait constater ces éléments : les infirmières privées sont utiles parce qu'elles assurent une présence physique et morale pour les patients, permettant réellement de mieux les servir. Cependant, il semble qu'elles ne soient pas également compétentes et qu'elles sont les proies des mensonges des patients. En effet, mes deux co-chambreurs ont carrément menti à leurs infirmières privées, celles-ci, changeant à tous les 8 heures, n'étant pas au courant des limites établies par les infirmières de l'hôpital et des médecins. Ces mensonges sont même allés à mettre leur propre santé en danger. Je suis donc perplexe, ne sachant pas si les bénéfices des infirmières privées surpassent les inconvénients potentiels.
Sans vouloir généraliser, voilà quelques mots sur mon co-chambreur le plus en forme. Le tout a commencé avec une intéressante discussion entre lui et un de ses visiteurs. Ils discutaient de la vie, du détachement, de l'univers et du temps. Des sujets que j'aime quoi. Aussi zen et allumé que cet homme pouvait paraître avec son visiteur, qui s'est révélé par la suite être un de ses adeptes, il était sans détour condescendant et méprisant envers les autres. Par exemple, en demandant aux infirmières de se taire parce qu'elles polluent son cerveau avec leurs discussions superficielles. Mentir et même se faire prendre à recracher les pilules qui lui sont destinées. Double-standard pour haut placé d'une secte (ou religion ?) bien connue dont je tairai le nom.
* Samedi 8 septembre - Attention la morphine Mme Tracy
J'ai été transféré durant la nuit de l'hôpital de Valleyfield à l'Hôpital Général de Montréal, spécialisé en traumatologie, car mon cas était plus complexe qu'anticipé. J'imagine que c'est à cause des possibilités d'hémorragie interne liées à la rate lacérée. Mon entrée à l'urgence de traumatologie est marquante. On m'a rapidement mis dans un coin de la salle. J'étais pas un cas qui méritait beaucoup d'attention. Tant mieux d'ailleurs ! Les autres patients qui entrent en traumatologie alors que j'y suis n'ont clairement pas été aussi chanceux que moi dans leur malchance. Un de ceux-ci s'était fait frappé par un taxi alors qu'il était en vélo. Comme si un train lui avait passé dessus. Pas des belles choses à voir.
Depuis l'accident, je suis sur la morphine. Sur demande, et j'en demande que si vraiment la douleur est un peu trop forte. Les médecins sont clairs : plus facile de guérir lorsqu'on ne souffre pas. Une fois transféré dans une salle pour les soins intensifs, l'infirmière Tracy me prépare une dose généreuse de morphine. Si généreuse que y'a pu de problème du tout avec la douleur. J'en suis même rapidement convaincu que la dose est définitivement plus élevée que la douleur le requiert. Profitons du moment présent, tout en demandant quand même à Tracy de réduire la dose la prochaine fois !
Après plusieurs balades en radiographies et en scans durant une nuit éveillé, Caroline est revenue me rejoindre le matin. Transfert en fin d'après-midi dans une chambre avec belle vue sur le sud de l'Île. Et puis voilà les premiers aliments et première gorgée d'eau tard en soirée, après 28 heures, croyez-moi que ça fait du bien !
* Vendredi 7 septembre - les accidents, ça n'arrive qu'aux autres
Tout s'est passé si vite. À peine le temps de réaliser que j'étais en train de sortir de la route que badang, je me retrouve à genoux dans l'champ en train de chercher mon souffre. Ce sont ceux qui me suivaient en voiture qui m'ont appris que j'avais fait quelques tonneaux avec ma moto, je ne me rappelle pas de ceux-ci. Faut le faire quand même, après quatre années de moto, se planter sur une ligne droite et à basse vitesse. J'imagine que je ne saurai jamais la/les causes derrière mon vol plané. Sans doute un peu d'inattention, des bonnes rafales de vent (ils annonçaient des rafales de 50-70km/h) et sans doute aussi le fait que je revenais d'une sortie de karting avec des collègues, de quoi moduler mes réflexes de conduite ! Ultimement, les raisons sont sans grande importance. J'ai juste été très chanceux que ce soit le gazon qui m'ait accueillit. C'est si facile de se faire drôlement plus mal dans un accident de moto que quelques côtes cassées, une clavicule mal fracturée, une omoplate en morceaux et une rate lacérée, que je ne vais pas me plaindre ! Rien à la colonne vertébrale, au cou, aux mains, au visage.
Je me dois d'écrire quelques mots sur les ambulanciers. C'est incroyable ce que ces personnes acceptent de faire comme travail. J'étais un cas assez facile, mais ramasser les accidentés en douleur et devoir gérer le biologique et l'émotif de toutes les personnes présentes sur les sites d'accidents, c'est tout une job ! Des conditions plus difficiles que bien des médecins, mais leur travail est loin d'être aussi bien reconnu. J'en profite également pour lancer un grand merci à mon collègue Serge, de loin un des homme les plus intègre dans sa bonté que je connaisse (et plus intègre que moi, sans équivoque :-).
Pour les curieux, avec Caroline enceinte et ma faible utilisation de la moto (faut avouer que j'ai toujours eu une approche pragmatique face à celle-ci, elle me transporte, ce n'est pas une passion pour moi), nous avions décidé de la mettre en vente. J'avais même un acquéreur intéressé. Mais ça a l'air que j'ai choisi de finir ma relation avec ma moto de manière mémorable... ;-)
===
J'aurais eu davantage d'anecdotes à raconter, mais n'ayant pas pris de notes et voulant terminer ce texte déjà long, vous en êtes graciés ! ;-)
Le plus gros choc après l'accident est survenu deux semaines après, au moment de commencer la physiothérapie. Je n'avais pas réalisé que malgré l'absence de douleurs aiguës, je n'étais plus capable de bouger mon bras gauche du tout. Assez étrange et inquiétant ! Pas à cause du bras lui-même, mais plutôt parce que tout ce qui doit le retenir est mal en point. Avec la physiothérapie, la réhabilitation progresse rapidement. Mon bras bouge presque normalement, mais c'est sans doute qu'aux environs de Noël que j'aurai retrouvé une bonne partie de la mobilité et de la force d'avant l'accident.
Pendant ces semaines à la maison, j'aurai compris l'intérêt des pointillés sur le rouleaux de papier de toilette, l'impossibilité de s'attacher les cheveux avec une seule main, ou même des choses plus simples comme se laver ou attacher ses lacets. J'ai également découvert que d'être forcé de dormir que sur le dos n'est pas nécessairement si agréable non plus ! Heureusement, je suis très bien entouré de ma famille et amis, et bien sûr, de mon adorable Caroline.
Retour au travail la semaine prochaine, donc ça aura pris un mois de repos. Repos, il faut le dire vite, car je n'ai pas l'impression d'avoir chaumé. Non seulement les activités ordinaires demandent davantage de temps pour être accomplies, mais s'ajoutent la grande quantité de paperasse à remplir, les achats à faire pour les bris, la moto à faire réparer, la physiothérapie à tous les jours et les visites à l'hôpital. Retour au travail, mais reste tout de même plusieurs semaines de physiothérapie pour récupérer la mobilité et la force de mon bras gauche. Ça va débouler rapidement avec le bébé qui s'en vient pour la fin décembre !
Je suis très positif. Évidemment, je me serais bien passé de cet accident, mais j'ai été très chanceux ! Mes meilleures salutations à tous !
Subscribe to:
Posts (Atom)